Le 2 juillet dernier, Internet s’est affolé autour d’images impressionnantes d’un incendie à la surface de l’océan Atlantique, au large des côtes mexicaines. L’eau qui prend feu, comment est-ce possible ?
“L’œil de feu”. C’est le surnom qui a été rapidement donné au phénomène qui a agité les réseaux sociaux en ce début de mois de juillet. Au large de la province du Yucatán au Mexique, la fuite de gaz d’un oléoduc sous-marin près d’une plateforme pétrolière Pemex a causé un incendie sur la surface de l’océan. Dans un tourbillon d’eau et de flammes, le Golfe du Mexique a été le théâtre d’un événement des plus uniques : de l’eau, qui prend feu. Le brasier n’a duré que quelques heures, et n’a pas causé de dommages particuliers selon l’opérateur pétrolier mexicain Pemex.
Les dessous d’une catastrophe insolite
Mais alors, comment de l’eau peut-elle prendre feu ? Tout simplement, le gazoduc ayant été victime d’une fuite se trouvait très proche de la surface, à moins d’un mètre de profondeur. Ainsi, lorsque le gaz s’est échappé, il a pu prendre feu au contact de l’air. Sa proximité avec la surface a permis à l’incendie de continuer pendant environ 5 heures. L’autre question importante : comment éteindre un feu qui est déjà entouré d’eau ? Pour venir à bout des flammes, plusieurs bateaux anti-incendie ont été dépêchés sur place. Si l’image de ces petits navires combattant le feu ont amusé Internet, le liquide projeté par les canons des bateaux n’était pourtant pas de l’eau, mais de l’azote.
Un impact environnemental flou
Le gazoduc touché par la fuite fait partie du réseau gazier et pétrolier Ku Maloob Zaap, contrôlé par Pemex. La compagnie pétrolière n’a pas indiqué de cause pour la fuite à l’origine de l’incendie, mais un rapport obtenu par Reuters pointe vers la possibilité de dégâts causés par un orage. Toujours selon Pemex, aucun déversement de produits nocifs pour l’environnement n’est à déplorer. Pourtant, le passé de la compagnie pétrolière nous donne moyennement confiance en cette affirmation : en 2019, Pemex était le 9ème pire pollueur au monde. La même année, l’explosion d’un oléoduc de Pemex au Mexique avait été un désastre écologique et humain, près de 140 morts ayant été à déplorer. L’entreprise pétrolière avait été pointée du doigt pour avoir tardé à évacuer les environs du pipeline en pleine fuite.